COLLOQUE LOI LITTORAL 2 décembre 2004
Organisé par le CAUE des Alpes-Maritimes, présidé par Monsieur Bernard ASSO, le colloque « Loi Littoral en Méditerranée» qui se tenait le jeudi 2 décembre 2004 dans lauditorium de la citadelle de Villefranche sur Mer, sintéressait principalement aux Alpes-Maritimes.
En première partie, cest le cadre juridique à proprement parler qui était examiné : historique et projet de réaménagements actuel.
Christian ESTROSI, député et Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, a clairement exposé sa volonté de préserver ce qui est encore possible, prenant en compte notamment la deuxième loi de décentralisation, qui lui « offre » lopportunité de gérer les infrastructures portuaires, insistant sur le port de Nice dont il refuserait le projet dagrandissement.
La difficulté de concilier les impératifs politico-économiques et le cadre juridique national et européen, la volonté des uns ou des autres, les caractéristiques géographiques ; mais également le texte lui-même de la loi trop flou rendent son application très complexe. Par ailleursla distinction entre propriété publique ou privée des espaces concernés et leur « exploitation » compliquent encore un peu ce sujet déjà très compliqué et sur lequel les intérêts économiques risquent fort, en dernier ressort, de prévaloir sur ceux de la préservation de sites (quel sera « lintérêt général » au final ?).
Les Alpes-Maritimes sont, dans la région PACA, fortement concernés. Avec un million dhabitants répartis principalement autour du littoral, mais aussi autour des communes (alors que les villages se vident) ; une surface très réduite despaces protégés (700 hectares Bouches du Rhône 9000 Var 4000 !) elle se doit de veiller à un équilibre, qui jusqualors, et malgré la loi littoral, na pas été respecté.
Rappelons que la loi littoral date de 1986. Elle a évité le pire, mais na pas été véritablement respectée.
Comme lindiquait Hubert CHARLES (Professeur honoraire), il faudrait essayer de retrouver lesprit de la loi « aménagement, protection, mise en valeur » ; établir un système harmonieux.
En seconde partie ont été évoqués les aspects dun « développement durable » (lensemble des intervenants signifiant à plusieurs reprises quils nen connaissaient pas la définition
).
Pour essayer de comprendre le champ dapplication de la loi, certains termes ont été expliqués : « espaces remarquables », « extension limitée ».
Aujourdhui, et depuis un an, le département des Alpes-Maritimes sest doté dune « Directive Territoriale dAménagement » dont le SCOT (schéma de cohérence territoriale) pourra être mis en place, à partir du moment où les communes ou les groupements dagglomérations, auront intégré leur plan local durbanisme.
Il semble que ce ne sera pas demain la veille. Dans le meilleur des cas, trois ans !
Le département des Alpes-Maritimes, compte tenu de sa configuration géographique, a été partagé en deux : le littoral et la montagne. Un prochain colloque examinera, en 2005, la partie montagne (haut pays).
Entre temps, il est bon de se rappeler que la loi littoral nest pas le seul support juridique aux questions durbanisme, daménagement et denvironnement ; et quil existe un droit de lurbanisme, un droit rural, un droit de lenvironnement, maintenant une DTA, mais encore un droit communautaire et un droit international, ainsi que de nombreux textes de jurisprudence.
LItalie a modifié sa structure juridique car trop de lois engendraient trop dabus. La simplification permettrait chez nous aussi que la loi soit bien mieux respectée et appliquée.
Comme le dit Maître Patrick HOCHETERRE à ses étudiants, ils ne vont pas manquer de travail !